Ces petits masques que l’on trouve en Côte d’Ivoire, Libéria et Guinée sont la réplique des masques utilisés pour la danse. Ils sont fabriqués suivant les mêmes critères, la même application que leurs grands « frères », jusqu’à copier les trous de fixation des étoffes sur les grands masques. Ces masques miniatures appelés « Ma » ou « Petite image » détiennent la même force, la capacité de pouvoir occulte et d’appel à la méditation que les grands.
Ils sont utilisés pour protéger leur propriétaire des maladies, vols ou accidents et autres mauvais sorts, notamment lors des déplacements en forêt et des voyages. Ils sont portés sur soi, enveloppés afin de les dissimuler au regard des femmes et des « non-initiés ». Pour que le masque soit actif, des soins lui sont donnée : on doit le nourrir, le laver, lui parler, l’enduire d’huile ou de sang, le frotter, etc.. Tout un culte est alors pratiqué…
La pièce que l’on présente ici a beaucoup servi et a dû être abandonnée ensuite aux intempéries car on distingue en sus de la patine une érosion du bois. On ne peut que constater la sérénité, l’élégance de la représentation du visage féminin.
Au niveau des yeux, on remarquera une bande creusée dans le bois qui devait comporter à l’origine une décoration métallique ou en tissu soulignant ainsi le regard.